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 "Diaz - un crime d'état "

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Damonx

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Date d'inscription : 21/02/2008

MessageSujet: "Diaz - un crime d'état "   Mar 11 Juin - 14:56

Un film coup de poing : « Diaz – un crime d’état » de Daniele Vicari.
Réalisateur italien dont c’est le quatrième long métrage même si ce film est presque documentarisé et ça tombe bien, le réalisateur en a fait pas mal dans les années 90. Une certaine véracité s’exprime donc dans ce long métrage. Je n’ai vu aucun autre film de ce monsieur.

En 2001, pendant la dernière journée du G8 de Gênes, quelques instants avant minuit, plus de trois cents policiers prennent d’assaut l’école Diaz, à la recherche des militants du Black Bloc. Dans l’établissement, se trouvent quatre-vingt-dix activistes, dont la plupart sont des étudiants européens accompagnés de quelques journalistes étrangers, qui s’apprêtent à passer la nuit à même le sol de l’école. Alors que les forces de l’ordre font irruption, les jeunes manifestants lèvent les mains pour se rendre. Imperturbables et implacables, les policiers se livrent à des exactions préméditées d’une violence inouïe, frappant indifféremment jeunes et vieux, hommes et femmes.

[b]Les Faits[/b] : Du 20 au 22 juillet 2001, Gênes accueille les huit plus grandes puissances du monde. À cette occasion, celles-ci abordent un grand nombre de questions, comme l’Initiative de Défense Stratégique, le Protocole de Kyoto et la crise des Balkans et du Moyen-Orient.

300 000 personnes environ, venues des quatre coins de la planète, s’y rendent également pour organiser un contre-sommet dont le mot d’ordre est “Un autre monde est possible”.

Après les premières manifestations pacifiques du 19 juillet, celles des 20 et 21 juillet déclenchent une véritable guérilla urbaine. Carlo Giuliani est abattu d’une balle tirée depuis une fourgonnette des Carabinieri. Le bilan est très lourd puisqu’on compte un millier de blessés, 280 arrestations et des dégâts avoisinant les 50 milliards de lires. Ont également été détruits 41 magasins, 83 voitures, 9 bureaux de postes, 6 supermarchés, 34 banques, 16 stations-services, 4 propriétés privées, 9 cabines téléphoniques et une dépanneuse.

À minuit, le samedi 21 juillet, une fois les manifestations terminées, plus de 300 policiers font irruption dans l’école «Diaz-Pascoli» qui accueille le centre de presse du Forum Social de Gênes. 93 personnes sont arrêtées : 40 allemands, 13 espagnols, 16 italiens, 5 britanniques, 4 suédois, 4 suisses, 3 polonais, 3 américains, 2 canadiens, un turc, un néo-zélandais et un lituanien. On dénombre 87 blessés, parmi lesquels des jeunes comme des vieux, des journalistes comme des manifestants.

La plupart des personnes appréhendées dans l’école sont ensuite transférées à la caserne de police et prison de Bolzaneto, où, sans qu’on leur fournisse la moindre explication ou qu’on leur communique leurs chefs d’inculpation, ils subissent des violences et des exactions pendant trois jours. Aucun gouvernement européen n’a jamais demandé la moindre explication sur ces événements.

Puis, on les emmène dans une maison d’arrêt, où ils reçoivent des soins et se voient signifier qu’ils sont accusés de «destruction et dégradation de bien d’autrui, pillage, comportement violent au moment de l’arrestation et possession illégale d’armes à feu». Après l’enquête préliminaire, le juge relâche les inculpés, et les personnes étrangères sont ramenées à la frontière et expulsées d’Italie.

Les témoignages des 93 personnes arrêtées ont donné lieu au procès de Diaz. Sur les quelque 300 policiers qui ont participé à l’assaut, 29 ont été jugés et, suite à la décision de la Cour d’Appel, 27 d’entre eux ont été reconnus coupables de coups et blessures aggravés, de falsification de preuves et de diffamation. Le délai de prescription pour les faits relevant de coups et blessures aggravés et de diffamation est aujourd’hui écoulé. Le délai de prescription pour les faits relevant de falsification de preuves expirera en 2016.

Lors du procès concernant les violences qui se sont déroulées à Bolzaneto, 45 policiers, Carabinieri, gardiens de prison, médecins et infirmières ont été condamnés. Pendant ce procès, «l’absence de prise en compte de la torture, en tant que crime, dans notre système judiciaire a obligé les magistrats à ne pas donner la pleine mesure aux comportements inhumains et dégradants des prévenus (qui, incontestablement, auraient dû être considérés comme des actes de tortures, ainsi que le prévoient les conventions internationales)» [décret du Tribunal de Gênes du 14 juillet 2008]. À l’issue du procès en appel, 44 condamnations pour abus de pouvoir et d’autorité, et violences, ont été prononcées. Le procès pour le meurtre de Carlo Giuliani n’a jamais eu lieu : les magistrats ont conclu à la légitime défense et classé l’affaire sans suite. Selon le procureur, l’auteur du coup de feu a tiré en l’air et la balle a été déviée de sa trajectoire en percutant un rocher.
Je sais, ça fait beaucoup déjà pour une chronique alors que je n’ai fait que copier-coller les infos.

Propos du réalisateur : Le Sommet du G8 de Gênes, qui s’est tenu en juillet 2001, a été un événement retentissant. Réunissant les chefs d’État des huit plus grandes puissances mondiales et de cinq pays tiers, il a attiré des centaines de milliers de manifestants du monde entier, et mobilisé un nombre de policiers jusque-là inédit en Italie. Des milliers de militants munis de caméras, de cameramen de télévision, de cadreurs travaillant pour la police, de photographes et de cinéastes ont couvert les événements du week-end, filmant chaque rencontre entre les protagonistes, chaque vitrine brisée et chaque assaut de la police. Les Archives du Forum juridique de Gênes abritent ainsi environ un millier d’heures d’images et de photos. Tout a été documenté - à l’exception des événements de l’école Diaz et de la caserne de police de Bolzaneto.

Ces événements ont donné lieu à deux longs procès qui, à ce jour, n’ont pas encore rendu leurs conclusions.
À la lecture des témoignages on ne peut qu’être bouleversé : on a même du mal à dormir la nuit tant cela entache notre démocratie de manière profonde. Et cela remet aussi en question ce vieux cliché selon lequel certains faits ne peuvent se produire que sous un régime autoritaire. C’est pour ces raisons que j’ai tout de suite eu envie de regarder ces événements en face, sans détour, et de tenter d’en comprendre les fondements car ils me concernent, et qu’ils font partie de ma vie, en tant que citoyen italien et européen.

Certes, il est vrai qu’une poignée de militants du «Black Bloc», comme on les appelle, ont saccagé des magasins et incendié des voitures, provoquant d’importants dégâts. Mais c’est en s’appuyant sur ces seuls faits que la décision a été prise d’arrêter une centaine de personnes - dont l’identité n’était pas connue et qui n’étaient donc pas forcément responsables de ces actes de vandalisme – dans une école mise officiellement à disposition pour abriter le Forum Social de Gênes, et de leur faire porter le chapeau. La mise en œuvre d’une telle décision rappelle des méthodes qui nous ramènent 80 ans en arrière et qui marquent un recul pour notre démocratie. D’ailleurs, même si toutes ces personnes avaient été des militants purs et durs du Black Bloc, comment justifier une telle initiative ? Sur quels principes démocratiques peut-elle se fonder ? Pour poursuivre les auteurs d’atteinte aux biens d’autrui, l’État peut-il s’arroger le droit de porter atteinte aux personnes et de se comporter de manière criminelle ? Avec le recul, je me demande aussi si les événements de Gênes, en 2001, ne marquent pas le début d’une crise sociale et institutionnelle profonde qui, au cours d’une décennie de «délires politiques», n’a pas amené l’Italie au bord du gouffre.

J’arrive (enfin, diront mes fans).
Le film visuellement est très fort car très réaliste ; caméra portée, chaos visuel, ultra-violence réaliste et policière (pléonasmes).

La difficulté est la narration : le film est très puzzle pour nous montrer l’arborescence de divers faits qui vont conduire à cette « exécution » ; et j’avoue que c’est pas très clair pendant un bout de temps, on n’arrive plus à savoir quoi est cause, quoi est conséquence mais tout viendra à qui sait attendre (j’ai pas le temps, j’ai un second film après !!!).
Le film n’est pas vraiment à charge (elles sont suffisantes à l’écran) : on voit les flics, les politiques (j’y revient), les divers groupes altermondialistes (qui sont les méchants dedans ? y’a des méchants dedans ?), les journalistes, les badauds au milieu. Bref, montrer les diverses factions.
L’élément réellement à charge est l’intrusion des politiques : cela permet bien de comprendre froidement le pourquoi de l’affaire : garder le pouvoir et montrer sa force ; pisser pour son territoire.
Notre monde est très simple : les Grands ont un monde qui leur va bien, ils l’ont construit pour ça. Pourquoi devraient-ils permettre un changement qui ne leur serait pas profitables, hein ?
On voit d’ailleurs dans les exécuteurs (les flics donc), certains comprendre qu’ils vont droit dans le mur mais il est trop tard déjà.

On ne connaît pas bien les acteurs, il y a de toutes les nationalités et ils sont parfaits. Et les maquillages sont superbes (réalismes des hématomes).

Enorme !

Bon film !!!

(je sais, la chronique est un peu longue ; enfin pas vraiment, seulement les explications).

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